8 mai 2017 Sattva Yoga Shala

L’Ayurvéda restaure naturellement la santé de la flore intestinale

Nous savons que la santé de l’intestin, siège du dosha Vata, est primordiale selon l’Ayurvéda. Cette vérité qui remonte à la nuit des temps commence à être reconnue par la science moderne puisque celle-ci traite l’intestin de second cerveau, au point d’envisager le traitement de maladies mentales directement au niveau de l’intestin. Elle attribue la santé de cette partie du corps à la qualité de sa flore intestinale, alias microbiome, n’hésitant pas à remettre en cause plusieurs pratiques de notre mode de vie. Ainsi, plusieurs études récentes[1]démontrent clairement que cette délicate flore intestinale est rudement malmenée par l’usage excessif d’antibiotiques et par une alimentation transformée industriellement difficile à digérer. Résultat ? Le microbiome des occidentaux se trouve ainsi vulnérable à des nombreuses maladies spécifiques telles que la candidose ou la prolifération microbienne intestinale (SIBO). Bien que l’Ayurvéda ne fasse pas explicitement mention de ces bactéries bénéfiques de l’intestin, les traitements naturels qu’elle préconise favorisent une prolifération naturelle des bons microbes. Ils restaurent ainsi un environnement propice au développement d’une flore intestinale saine en agissant directement au niveau de la paroi intestinale, de la diversité de cette flore ainsi que de la lymphe qui entoure l’intestin grêle.
La science moderne considère que la santé de la paroi intestinale est directement liée au vieillissement[2]. En effet, une étude a montré que la cause du vieillissement du système immunitaire est liée à la santé et à l’intégrité de l’épithélium intestinal dans le petit et le gros intestin. Le vieillissement résulte également de la rupture du processus naturel de réparation de la paroi intestinale. Normalement, les atomes qui la constituent sont renouvelés tous les quatre à cinq jours. Or, les facteurs liés à l’âge peuvent ralentir ce processus de renouvellement que les scientifiques mesurent depuis peu au niveau des télomères (voir à ce sujet http://la-voie-de-l-ayurveda.com/meditez-regulierement-afin-de-vivre-plus-longtemps/). Rappelons que les télomères sont les capuchons chromosomiques qui raccourcissent à la fois sous l’effet du stress et du vieillissement[3]. Cette étude montre également que les terminaisons nerveuses qui innervent le côlon peuvent diminuer ou présenter des anomalies avec l’âge. Une autre étude attribue le vieillissement à la rupture de la paroi intestinale censée protéger l’intestin. L’atrophie des muqueuses qui tapissent les intestins, en charge du maintien de la santé des bonnes bactéries intestinales, favorise aussi le vieillissement, d’où une augmentation anormale des bactéries dans le petit intestin et une diminution de la quantité de protéines structurales de la paroi intestinale[4].

La betterave renforce la paroi intestinale
Le vieillissement s’accompagne aussi d’un changement mesurable de la variété des bactéries dans l’intestin[5]. Un microbiome sain, révélateur de santé et d’intégrité de la paroi intestinale, est sensible on le sait aux émotions, au stress, à la qualité de l’alimentation ainsi qu’à différents facteurs toxiques. Or, le microbiome est impliqué dans la plupart des fonctions physiologiques du corps. Ses microbes représentent 90 % des cellules de notre corps. Ils sont intimement liés à notre bien-être, et vice versa, nous sommes intimement liés à leur bien-être. En vieillissant, le microbiome tend à se déséquilibrer, favorisant un plus grand nombre de bacteroidetes[6] et un plus petit nombre de firmicutes[7]. Le régime alimentaire est en grande partie responsable de ce déséquilibre. Le régime alimentaire type en occident, riche en graisses et en sucres, favorise la prolifération de la famille des bacteroidetes alors qu’une alimentation riche en fibres, comme celle préconisée dans l’Ayurvéda, favorise un microbiome plus jeune et plus riche en firmicutes. Il faudrait idéalement consommer 100 gr de fibres par jour.

Racines de Manjistha

En plus des effets du vieillissement sur la paroi de l’intestin et sur la composition du microbiome, des études ont montré qu’il endommageait aussi la lymphe intestinale qui tapisse l’intestin grêle, appelée aussi lymphe mésentérique. Les vaisseaux lymphatiques mésentériques filtrent les bonnes graisses pour donner de l’énergie, et renvoient les mauvaises vers le foie afin qu’elles soient détoxifiées. Si les vaisseaux lymphatiques mésentériques ne fonctionnent plus correctement, la capacité du corps à éliminer les toxines et à fournir de l’énergie s’en trouve compromise. Or, des études[8] ont montré que les vaisseaux lymphatiques et leur capacité de pompage se détérioraient avec l’âge, en raison notamment du processus de stress oxydatif. Le vieillissement résulte également d’une multitude de lésions des vaisseaux lymphatiques liées à l’âge telles que l’accumulation de graisses dans les canaux lymphatiques, l’augmentation du nombre de renflements dans les canaux, l’épaississement de la paroi de la de la lymphe et la croissance de fibroses, la baisse de l’élasticité de la paroi lymphatique ou encore la diminution significative de la collecte dans l’intestin grêle après 65 ans[9].
Baies d’Amla
Baies d’Amla
Le maintien de la santé de la paroi intestinale, du microbiome et de la lymphe intestinale jouent ainsi un rôle crucial dans la santé et la longévité. Que conseille l’Ayurvéda pour maintenir un intestin en bonne santé ? Il recommande de diminuer le stress par la méditation, de favoriser certains aliments et d’utiliser certaines plantes. Les aliments connus pour favoriser la santé de l’intestin sont la betterave, les haricots et les baies. La betterave est chargée en fibres, du moins si elle est consommée solide et non en jus. Elle soutient la fonction hépatique et a un effet vasodilatateur bénéfique sur la lymphe intestinale. Les haricots (mung dahl, pois chiches, lentilles etc.) sont également chargés en fibres. Ils accompagnent les toxines jusque dans l’intestin afin qu’elles soient évacuées avec les selles. Quant aux baies, elles sont chargées en antioxydants qui activent la paroi intestinale, protègent contre les dommages oxydatifs et stimulent le drainage lymphatique. Par ailleurs, trois plantes ayurvédiques favorisent la santé de ces trois tissus. Ce sont le Neem, probiotique naturel de l’Ayurvéda qui soutient les bons microbes et s’attaque aux mauvais microbes, le Manjistha, racine qui favorise le mouvement de la lymphe intestinale et enfin l’Amalaki, fruit de l’Amla, baie connue pour favoriser le renforcement de la paroi intestinale.
Jo Cohen
http://la-voie-de-l-ayurveda.com/